Intelligence artificielle et traduction automatique : amis et alliés… à manier avec discernement
L’intelligence artificielle façonne désormais les coulisses de l’interprétation. L’arrivée de solutions d’IA générative telles que DeepL, Google Translate, ou Custom Translator de Microsoft ne vise pas, à ce stade, à automatiser l’interprétation simultanée dans un cadre professionnel exigeant, mais à assister la préparation linguistique, générer des corpus de référence, ou faciliter le défrichage de documents préparatoires.
Les systèmes plus avancés tels que AI Speech Interpretation (projet-pilote de Google et d’organisations internationales) expérimentent l’interprétation automatique lors d'événements à faible enjeu, mais les taux de satisfaction démontrent que la composante humaine reste cruciale, notamment pour la gestion des références culturelles ou des contextes sensibles.
À titre d’exemple, une étude menée en 2022 par l’Université de Genève a révélé que l’interprétation automatique basée sur l’IA atteint 70 à 75% de fidélité lors de discours techniques simples, mais chute à 55% pour les débats, où la nuance, l’ironie et la gestion dynamique des échanges sont indispensables.
L’avenir s’écrit donc dans la complémentarité : l’intelligence artificielle automatise la préparation et soulage la charge documentaire, tandis que l’expertise humaine sublime la compréhension de l’implicite.